L’an nouveau. Des souhaits, des vœux… A profusion. Mais pour quoi faire ?

Comme l’année dernière, à pareille époque, ces vœux, d’où qu’ils viennent, étaient tous remplis des meilleures intentions du monde. Nécessairement et heureusement !  On sait que les semaines qui suivirent, dès le mois de mars 2020, vinrent démentir avec, une certaine violence faite d’incrédulité et de stupéfaction, les espérances les plus sincères que tous avaient formulées pour les uns ou les autres.

N’a-t-on pas parlé, au plus haut sommet de la République, d’un état de guerre ? Une société qui vit avec un couvre-feu, des rassemblements, y compris familiaux, restreints, des distances imposées entre individus, des masques qui ne sont plus à gaz mais chirurgicaux…  et des procédures de laisser passer, n’est-ce pas une société en guerre ? La France, l’Europe, le monde subissent en effet l’occupation virale de la COVID 19 !

Curieuse guerre… à dire vrai. Sans ennemi visible, sans armée ou groupuscule à combattre… En dehors de l’informatique toute puissante, on avait presqu’oublié qu’un virus pouvait être mortel pour les humains. Et pourtant. Ce virus inconnu dont même l’académie française dû se réunir pour en définir le genre, en l’affublant d’un « LA » (très disgracieux !) pour rappeler que COVID n’était au fond que l’acronyme anglicisé de Coronavirus Disease 2019, traduit par Maladie à coronavirus 2019. Une maladie… Tout ça pour ça !

Une maladie qui, comme aux temps les plus reculés, bloque une société dans son quotidien le plus ordinaire. Dans ses libertés de déplacements, dans ses loisirs culturels ou sportifs, dans son art de vivre… Certes, comme nous le disions ici il y a peu, rien à voir avec ces épidémies des siècles passés aux monceaux de cadavres à l’entrée des villes et des villages de notre pays. Des victimes se comptant par centaine de milliers. Rien à voir en effet sauf que cette fois ci dans un contexte mondialisé d’une économie qui tire toutes les ficelles des rapports internationaux et surtout géopolitiques, tout est déréglé. Tout ? Non ! La compétition inéluctable prend parfois le pas sur les solidarités qui devraient rester essentielles. A qui la meilleure prévention ? A qui les meilleures quantités de vaccinations ? Détestables egos nationaux renforcés par la fange des réseaux sociaux où s’improvisent des pseudos spécialistes patentés adeptes du « Y’a qu’à, faut qu’on… »  ou encore d’une critique négative systématique quelle que soit la décision prise. Et passons sur les apôtres de la dénonciation des mesures sanitaires dites liberticides prises par un régime qui serait une dictature…

Les époques changent. Pas les humains, quel que soit leur genre. Le long recul de l’histoire de l’humanité nous apprend toujours qu’en période troublée s’expriment les mêmes lâchetés, les mêmes veuleries, les mêmes profiteurs à la vénalité exacerbée, les mêmes faux prophètes… A l’inverse, et c’est sans doute l’antidote à la désespérance, se manifestent aussi les mêmes courages pour ne pas parler des mêmes héroïsmes… Au plus fort de cette crise sanitaire, les soignants, du haut en bas de la chaine de santé, ont été en première ligne (pour reprendre un langage guerrier).

On l’a vu et revu dans le refrain en boucle des médias d’informations permanentes, montrant les images de balcons peuplés d’individus masqués applaudissant à heure fixe ces « héros » de la lutte contre la pandémie. Dommage que d’autres furent oubliés dans ces hommages. On l’a aussi déjà dit ici. Répéter, c’est faire apprendre…  Alors apprenons : les transporteurs ont été et sont en première ligne. Dans cette chaine de santé, déjà citée, avec les transporteurs sanitaires complétement oubliés dans les hommages célébrant les soignants.

Et puis tous les transporteurs. Tous. Sans eux, plus d’économie ; sans eux plus de vie des territoires ; sans eux plus d’approvisionnement des hôpitaux… Et sans eux et sans les experts de la logistique, qui acheminera demain les doses de ce vaccin que le génie humain, une fois de plus, a mis au point en un temps record pour enrayer cette maladie, puisque s’en est une ? Qui ?

Qui permettra une diffusion rapide auprès de la population sinon le transporteur routier rejoignant, en proximité, chacune et chacun, là où il se rassemble ? Là où une péniche à fond plat, un train ou un avion n’ira forcément pas ? Et même si 60% des français, jamais en retard de contradictions, sont contre la vaccination… les routiers, eux, feront leur devoir… et tant pis si une telle affirmation fait sourire parce qu’elle serait « trop démodée » pas assez « in » parce qu’un anglicisme fait forcément plus « branché »… ! Il est des mots, si ce ne sont des valeurs, qu’il faut savoir rappeler. Surtout dans des temps troublés. Comme est celui que nous vivons… Et l’on aurait aimé que sur sa carte de vœux officiels pour 2021, le Ministre des Transports « n’oublie pas » de rappeler ce travail exemplaire des transporteurs routiers dans ce bandeau figuratif de photos représentants les mobilités. En effet, Monsieur le Ministre, vous illustrez votre carte de la photo d’un avion, de deux trains (!), d’un bus urbain, d’un vélo, d’un skate-board (oui, oui !) … Mais de camion ? Point !

Alors formons des vœux, effectivement… Des vœux où, en 2021, le courage l’emporte sur l’esprit d’abandon, la solidarité supplante l’individualisme, le bon sens piétine la crétinerie, l’initiative créatrice démasque les attentismes. Au fond, des vœux qu’on voudrait… d’Humanité et pour elle !

Ces temps que nous vivons en ont violement besoin.

Philippe BONNEAU

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