Mobilisation du 7 décembre : la cohérence des paroles et des actes…

 

L’OTRE passe donc à l’action.

Depuis des mois, depuis des semaines, elle n’a pas cessé dans ses prises de positions multiples, dans sa communication médiatique, d’affirmer que la remise en cause d’une partie du remboursement partiel de la TICPE serait une « ligne rouge » à ne pas franchir. Et ce positionnement était loin d’être isolé. Le gouvernement faisant montre d’une surdité de tous les instants, a réussi au moins une chose : celle d’unir l’ensemble des organisations professionnelles ! Pour toutes, au-delà même du rabotage c’est le refus d’une remise en cause du principe même du carburant professionnel.

Dès l’origine qualifiée de niche fiscale par le rapport DURON de février 2018, le principe même du remboursement partiel de TICPE aux transporteurs de marchandises était entaché d’une qualification totalement inexacte. L’OTRE l’a répété sans discontinuer : c’est un dispositif européen ! Il met en place un gazole professionnel. Il veut éviter les distorsions de concurrence provenant des écarts de taxation des carburants au sein des États membres de l’Union Européenne. Le remettre en cause c’est remettre en cause l’Europe qui protège, chère, pourtant, au président MACRON…

Et que dire encore du but écologique poursuivi et voulu par le gouvernement ?  Comment répondre encore mieux à l’urgente question environnementale ? Toute la profession en général et l’OTRE en particulier s’est emparée de cette question. Des propositions positives et surtout efficaces pour répondre à cet objectif ont été faites : faire contribuer directement les donneurs d’ordre soit en fonction de leur volumétrie CO2 (Éco-Transport), soit en application d’un taux forfaitaire applicable sur le prix de la prestation de transport (Éco-Contribution). On l’a dit, ces alternatives ont le mérite de la clarté et de la simplicité. Au surplus, elle apporte les recettes supplémentaires pérennes au budget de l’AFITF…

Encore une fois, les organisations professionnelles (Toutes !) responsables ont réclamé la tenue de travaux sérieux pour étudier ces alternatives qui ont un écho très favorable auprès des parlementaires.

C’était sans compter sur une sorte de réflexe pavlovien gouvernemental de l’utilisation du réflexe fiscal ! La semaine dernière, nous évoquions une forme de tropisme… Rabotage, mesdames et messieurs, rabotage de 2 € par hectolitre de gazole utilisé (soit 2 centimes par litre !). Et cet alourdissement fiscal ne pèsera uniquement que sur les entreprises françaises… ! Pourtant, la volonté initiale de la ministre de la transition écologique et solidaire, Mme Élisabeth BORNE était de « taxer les camions étrangers qui ne font que traverser la France, sans payer la moindre contribution aux finances des infrastructures ».

 

Nous l’avons dit, nous l’avons écrit : c’est inacceptable.

 

Donc puisque nous n’avons pas été entendu et encore moins écouter, la cohérence entre les paroles et les actes commande d’aller au bout de la démarche. Question de principe mais peut-être aussi et surtout d’honneur. C’est autrement que l’OTRE veut se faire entendre. Elle a choisi la journée du 7 décembre prochain pour, dans 15 endroits de France, sensibiliser le pays et demander au gouvernement de prendre des mesures justes et véritablement environnementales. Pour aussi préserver le transport routier français mis à mal par ces projets.

Aux sceptiques, aux incrédules, voire aux adversaires de ce type d’actions, l’OTRE ne peut que rappeler que les avancées dans la profession n’ont pas été obtenues uniquement autour d’un tapis vert ou sous les ors des salons des ministères… C’est parfois, aussi, par l’opiniâtreté à défendre des principes  derrière une banderole accrochée sur l’avant d’un camion, dans le froid matinal sur une rugueuse bande d’asphalte… Il en fut ainsi pour l’écotaxe.

Il n’y a aucune radicalité mais, nous l’avons rappelé, de la cohérence. Simplement de la cohérence… Puisse ceux des transporteurs qui auront bien d’autres choses à faire ce jour du 7 décembre se souvenir des mots du président Franklin ROOSEVELT : « Seules sont perdues les batailles qu’on ne livre pas »

Plus tard, c’est trop tard…

Philippe BONNEAU

 

#7dec19MANIFtransporteurs

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