Anticiper la sortie et construire la reprise : préparer le plan de relance !

 

Dans un article récent publié par le quotidien Le Figaro (1), l’avocat et essayiste Nicolas BAVEREZ, déplore que la France, faute d’anticipation et de réactivité, faute de matériel de protection, faute de lits de réanimation…  n’a eu d’autre choix face à la pandémie de coronavirus que de mettre en place le confinement général de sa population, contrairement aux démocraties d’Asie (Corée du Sud, Taïwan) ou à la Suède.

Et de constater que la mise à l’arrêt de la vie nationale a contraint l’État à réassurer l’économie en faisant progresser la dette publique de 20 à 30 % du PIB pour amortir un choc majeur.

En paraphrasant MACHIAVEL, il souligne qu’ il en est de la guerre comme du confinement : on y entre facilement et quand on veut ; on en sort difficilement et quand on peut !

Sévèrement, il poursuit « Sous l’illusion que l’État paiera, pointe une débâcle économique et sociale sans précédent. Deux mois de confinement laisseront la France avec une chute de 10 % de son PIB, un déficit de 12 à 15 % du PIB et une dette publique de plus de 120 % du PIB. Des milliers d’entreprises vont faire faillite, notamment des TPE, et nombre des 8,7 millions de chômeurs partiels ne retrouveront pas leur emploi, avec pour conséquence la montée de la pauvreté. Enfin plus le confinement dure et plus il creuse les inégalités, qu’il s’agisse de revenus et de patrimoine, d’éducation ou de santé. »

Certes, le point de vue est très libéral mais n’en est pas moins lucide ? On peut d’un revers de la manche écarter les expériences d’autres pays de l’Union pour déclarer péremptoire « qu’on s’en moque ! », mais pour les États, comme pour les entreprises en général et celles du transport en particulier, le train de la sortie du confinement comme celui, jadis, des guerres ou des conflits coloniaux, ne doit pas se rater !

Or force est de constater que la crise sanitaire creuse aussi les écarts entre les nations, notamment en Europe et dans la zone euro. La prolongation du confinement en France contraste avec l’accélération du déconfinement en Allemagne, en Autriche, en Norvège, au Danemark ou en Suisse…

 

Rien à faire, dirons toujours certains ? Pas si sur…

Dans les pays cités plus haut, le politique, l’État, reste maître de la situation et décide. Qu’on le veuille ou non, en France, hantés par la multiplication des procédures judiciaires dont furent victimes leurs homologues gouvernementaux dans les précédentes crises sanitaires (celle du SIDA notamment), beaucoup d’observateurs soulignent, à l’instar du même  Nicolas BAVEREZ que « les dirigeants abdiquent leur responsabilité au profit de l’improbable Conseil scientifique » allant jusqu’à affirmer, comme nous l’avions déjà observé il y a quelques semaines, que « les politiques font de la médecine et les médecins font de la politique, alors qu’ils n’en ont ni la compétence ni la légitimité ».

Voilà pourquoi il est vital d’anticiper cette reprise qui doit venir. S’atteler à la préparation des plans de reprise de l’activité dans les entreprises en garantissant la sécurité des salariés. D’aucuns ont évoqué par analogie avec la seconde Guerre mondiale (décidément !) un véritable plan MARSHALL pour la reprise de l’économie qui prendrait la forme cette fois ci de l’exigence de la mobilisation de tous. Y parviendrons-nous à l’orée des congés d’été ? Les organisations syndicales seront-elles à même d’accepter la plus grande flexibilité pour rattraper la production et les heures de travail perdues ? La relance sera-t-elle à ce prix pour aussi combler un retard déjà pris sur d’autres nations européennes ?

On l’a rappelé, alors que chaque pays gère la crise sanitaire à son rythme et selon ses propres exigences, l’OTRE a demandé au Gouvernement de faire valoir la clause de sauvegarde aux fins d’obtenir la suspension du cabotage pour une période de six mois. Une question de juste concurrence pour le pavillon français en difficulté.

L’OTRE agit en anticipation en lien avec France Logistique et les autres organisations professionnelles de la filière de la chaîne logistique, pour la mise en place avec le Gouvernement d’un plan de relance pour le transport routier. Parallèlement et dans un souci de couvrir tout le champ du transport routier, l’OTRE a mobilisé tous ses Conseils de métiers pour établir un « plan de survie pour les ETI/PME/TPE » pour préparer la relance en émettant des propositions concrètes. On y reviendra…

La tâche est à la hauteur de l’enjeu : immense !

 

Philippe BONNEAU

 

(1) Nicolas BAVEREZ : « Le déconfinement, une urgence nationale » Le Figaro – 19 avril 2020
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