Présentation du schéma directeur des infrastructures de recharge pour véhicule électrique sur le réseau routier national aux horizons 2030 et 2035
06 mai 2026
Face à l’urgence de décarboner les transports, qui représentent plus de 30 % des émissions de gaz à effet de serre en France, le ministère des Transports et la DGITM ont formalisé une feuille de route stratégique pour l’équipement du réseau routier national. Ce schéma directeur planifie le maillage en infrastructures de recharge à haute puissance pour accompagner l’électrification du parc automobile, ciblant des objectifs ambitieux aux horizons 2027, 2030 et 2035.
En mobilisant l’ensemble des acteurs (gestionnaires routiers, énergéticiens comme Enedis, et opérateurs), l’État prévoit l’installation d’une puissance globale de 4,4 GW sur les aires du réseau d’ici 2035, permettant d’alimenter environ 22 000 points de charge pour les véhicules légers et 8 200 pour les poids lourds.
L’enjeu majeur de ce schéma est de sécuriser les déplacements longue distance, dits en « itinérance » (plus de 200 km), pour lesquels la disponibilité de solutions de recharge rapide est indispensable. La méthodologie repose sur une estimation des besoins lors de la 30ème heure la plus chargée de l’année (TH30), un choix stratégique qui permet d’optimiser les investissements tout en limitant les risques de saturation pendant les pics de trafic saisonniers. Pour le réseau concédé, l’objectif est une couverture totale par les installations sur aires, tandis que pour le réseau non-concédé, le schéma intègre également l’offre de recharge située à proximité immédiate (moins de 3 km) des échangeurs pour satisfaire la demande. À terme, 100 % du réseau transeuropéen de transport (RTE-T) devra respecter les exigences du règlement européen AFIR, imposant notamment des stations de forte puissance tous les 60 à 100 km selon le type de véhicule.
Le déploiement des infrastructures de recharge à haute puissance nécessite une anticipation cruciale des travaux de raccordement au réseau électrique, dont les délais peuvent atteindre deux à trois ans. Le schéma directeur évalue le coût global de ces raccordements à environ 436 millions d’euros d’ici 2035 pour l’ensemble des aires du RRN. Pour optimiser ces investissements, le SDIRVE préconise de dimensionner les travaux dès à présent pour les besoins cibles de 2035, évitant ainsi des interventions successives et coûteuses sur la voirie. Par ailleurs, une synergie est recherchée entre les besoins des véhicules légers et des poids lourds, pour 90 % des aires la puissance déployée pour les premiers devrait permettre de couvrir les besoins initiaux.
Consulter le schéma directeur des infrastructures de recharge
Lire le communiqué de presse relatif à la stratégie d’électrification du réseau routier national à horizon 2035