24 ordonnances pour amortir le mal…

Au moment d’écrire ces lignes hebdomadaires, on est pris de vertiges… Jamais sans doute depuis longtemps, un événement aussi soudain qu’inconnu n’avait bousculé l’ordre de nos vies privées, comme celui des systèmes politiques, économiques et sociaux. La pandémie occupe toutes les sphères de l’espace public. Aucun n’y échappe. Du sommet de l’État au plus humble des citoyens, chacun est concerné. Et non seulement ici, en France, mais dans le reste du monde. Jamais peut-être depuis les années 1940, et la Seconde Guerre Mondiale, l’individu et son environnement n’avaient eu à subir les conséquences non pas d’une crise mais bien plutôt d’une catastrophe sanitaire. Du confinement des particuliers à l’annulation d’événements mondiaux comme les Jeux Olympiques, de haut en bas de la vie économique, tout est bouleversé, renversé… Une Révolution au sens physique du terme.

Qui l’eut cru ? Certes au début des années 2000 et récemment encore, des ouvrages, des conférences, des articles, des rapports ont annoncé, pour ne pas écrire prédit, les risques d’une pandémie bien plus certaine que l’apocalypse nucléaire si redoutée. Sans doute n’était ce pas nouveau à l’échelle de l’Histoire universelle. On l’a déjà dit précédemment, les grandes catastrophes épidémiologiques sont bien connues et ont aussi heurté nos sociétés comme au début du XXème siècle, la pandémie de Grippe espagnole qui décima 10 millions de personnes dans le monde. Et déjà à l’époque (1918/1919) on expliquait l’accélération plus facile de  propagation du virus du fait de l’accroissement de la population, de l’urbanisation grandissante et de la plus grande fréquence des échanges internationaux… A l’heure de la mondialisation, en 2020, 100 ans plus tard, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.

« C’est la guerre ! » a affirmé le Président.

Alors il faut se battre !

Après la loi du 23 mars 2020 d’urgence sanitaire pour faire face à l’épidémie de covid-19, le gouvernement a pris les mesures d’une posologie économique et sociale par Ordonnances. Au nombre de vingt-quatre dans tous les domaines, outre les aides économiques prévues pour soutenir les entreprises, elles introduisent des dérogations temporaires aux règles du droit du travail : temps de travail, indemnisation de l’activité partielle, congés-payés, etc…

Faire face. Comme ceux qui doivent assurer la continuité de la vie de la nation, les routiers sont indispensables à cette tâche. Tous ne l’ont pas nécessairement compris au départ. Parfois traités comme des pestiférés, les organisations professionnelles unies ont dû élever la voix auprès des pouvoirs publics pour faire comprendre l’inanité de cette situation !

Dans le déménagement, pour assurer la sécurité sanitaire de leurs salariés, l’OTRE et les autres organisations professionnelles du secteur, ont demandé l’interdiction « de toute urgence » des déménagements mettant en relation directe déménageurs et clients le temps des mesures de confinement en France.

Les transports de voyageurs traitent en Région pour leur indemnisation des lignes régulières et scolaires suspendues depuis le 16 mars. Certains Conseils Régionaux s’engagent à honorer les factures à 100 % avec une régularisation en fin d’année. C’est le cas en Normandie. D’autres, dérogeant tout autant aux cahiers des Charges, assureront durant cette période 80 % des charges fixes. C’est le cas en Occitanie.

Quant aux transporteurs sanitaires, ils sont encore loin d’être satisfaits. Les ARS promettent un approvisionnement en protections (masques, gants, surblouses, charlottes, lunettes de protection) qui tardent à arriver. Autant que d’autres, mais probablement plus que d’autres, ils sont en première ligne de front…

On l’a déjà dit. Les entreprises du transport sont mobilisées. Elles le resteront ! On ne peut d’ailleurs que saluer l’initiative de certaines entreprises adhérentes de l’OTRE qui, pour offrir un hébergement maximum aux conducteurs sur la route qui peuvent ici ou là, trouver portes closes, ont mis à disposition par solidarité les locaux et équipements de leur entreprise. Qu’elles soient ici remerciées d’avoir répondu à l’appel de leur syndicat OTRE local.

Ainsi se trouve illustré ce qu’Albert Camus faisait dire à son héros Bernard Rieux dans son roman « La Peste » :« Ce que l’on apprend au milieu des fléaux, c’est qu’il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser. »

 A tous, à chacun, courage ! Et surtout, prenez soin de vous !

Philippe BONNEAU

 

 

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