L’heure du bilan. L’heure du compte des réussites et des échecs. L’heure aussi des espérances et des perspectives. Malgré les difficultés toujours subies, malgré les chausses trappes toujours assénées… Le transport routier ne peut échapper à cette règle.

Oserons-nous la métaphore de ce que restera 2016 : un bras de fer ?

Bras de fer, économiquement. Le bilan 2016 pour le transport routier de marchandises reste contrasté : dans le document qu’il publie chaque année en novembre, le CNR retrace les évolutions de coûts d’exploitation d’un poids lourd survenues en 2016. Parmi les plus marquantes, on peut citer les augmentations des coûts de personnel de conduite et de frais de déplacement, mais aussi la hausse annuelle des péages autoroutiers de classe 4. De ce point de vue, la perspective 2017 n’est guère réjouissante… Dans l’ensemble, le prix de revient hors gazole d’un véhicule augmente de + 1,3 % à + 1,9 % en 2016 selon la méthode et le profil d’activité. Pour 2017, le CNR fait une prévision d’inflation des coûts hors gazole comprise entre + 1,2 % et + 2,1 %.

Bras de fer, de la même façon, dans le transport routier de voyageurs. On connaîtra bientôt les effets de la loi du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques sur une année complète. Comme on le sait, cette loi, dite MACRON, a libéralisé le transport régulier de voyageurs par autocar. Sur les onze mois depuis la libéralisation, le secteur a enregistré un chiffre d’affaires de 40,5 millions d’euros. Le chiffre d’affaires trimestriel enregistre une progression de près de 60 % entre le premier et le deuxième trimestre 2016…

Mais les perspectives encourageantes sont assombries en matière touristique par les décisions prises par la municipalité parisienne.

Bras de fer avec la majorité municipale ! Cette dernière a fixé à 2020 l’interdiction de toutes les motorisations diesel. L’OTRE comme l’ensemble des organisations de la profession a protesté en mobilisant dans une action d’envergure des centaines d’autocaristes. Ces mesures sont « Totalement irréalistes et économiquement irresponsables » ont scandé les professionnels sous les fenêtres de la maire de Paris rappelant que « les investissements nécessaires pour rendre les véhicules toujours plus efficaces énergétiquement nécessitent du temps ». Un bras de fer qui se poursuivra. Le 20 décembre 2016 en constitue le point de départ…

Bras de fer européen encore pour faire adopté les mesures de l’obligation du salaire minimum conventionnel aux conducteurs détachés dans notre pays.

Bras de fer toujours pour éviter la concurrence déloyale européenne des véhicules utilitaires légers (VUL).
Bras de fer toujours avec le gouvernement sur l’obligation de dénonciation des conducteurs et pour la mise en place du permis professionnel.

Bras de fer enfin pour faire échapper le congé de fin d’activité (CFA) à cette taxation du régime de préretraite telle que voulue par le gouvernement…

La liste n’est pas exhaustive. Loin de là.

Dans ce contexte, à l’aurore de 2017, l’OTRE, engagée dans tous ces combats, vitaux pour la profession, se serait aisément passée de cette décision de justice aussi invraisemblable sur le fond qu’inopportune sur la forme venant lui retirer sa représentativité. Certes, c’est un accident de parcours dont les conséquences sont plus que relatives sachant que l’OTRE retrouvera très vite ce que certains juges administratifs, en contradiction avec leur juridiction suprême, lui dénient.
Les propos arrogants, travestissant la vérité tenus, par certains, qui s’érigent en « Grand architecte de la branche » comme d’autres se proclamaient « Petit père des peuples », sont largement compensés par les soutiens de celles et ceux qui nous redisent leur confiance et leur soutien.

L’essentiel n’est pas dans ces querelles dont nous ne sommes pas à l’origine. L’essentiel est et demeure dans ce que nous avons toujours voulu être pour les entreprises du transport routier : un défenseur obstiné, conscient des réalités du quotidien, force de proposition au seul service d’une branche d’avenir engagée dans la modernité.

Le reste est broutille…

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