Convergence BORNE / MARTINEZ :
Taxer « plus » ou « davantage » le poids lourds… L’OTRE dit NON !

 

C’est à croire que Philippe MARTINEZ et Élisabeth BORNE s’étaient donnés le mot. Ou bien plutôt, avaient-ils les mêmes « éléments de langage »  comme l’on dit en communication dans les équipes des grands responsables politiques. Un élément commun de langage simple : « pour financer les investissements de la SNCF, taxons le transport routier » !

 

3 avril, 8h20, France-Inter.

Philippe MARTINEZ , secrétaire général de la CGT, est l’invité du grand entretien de Nicolas DEMORAND. C’est le jour du coup d’envoi d’un mouvement de grève à la SNCF qui doit durer trois mois, le leader de la CGT exprime la position de son syndicat sur le remboursement de la dette (colossale !) de l’entreprise publique et des investissements à venir pour le ferroviaire : « Nous proposons des solutions pour que l’État reprenne cette dette, pour financer les investissements, par exemple comment taxer un peu plus le transport routier, (…). »  Même si tous les syndicats ne sont pas tout à fait sur la même longueur d’ondes…

 

3 avril, 8h37. BFM-TV.

Élisabeth BORNE, ministre des transports, est l’invitée de Jean-Jacques BOURDIN, à propos cette fois-ci du financement des infrastructures : « Il est justifié, explique la ministre, que les poids lourds participent davantage au financement des infrastructures. »

Étonnante convergence (qui n’est pas « des luttes », celle-là !) entre le leader d’une centrale syndicale et la ministre des transports qui s’oppose pourtant par ailleurs à propos d’une réforme de la SNCF annoncée depuis longtemps, actée en 2015 sans mouvement à cette époque.

Donc, en résumé, que nous soyons sur le financement de la dette de cette entreprise publique qui assure le monopole du transport ferroviaire, de personnes ou de marchandises, ou que nous soyons sur le financement du réseau d’infrastructure routière, la recette serait simple : que ce soit « plus » selon M. MARTINEZ  ou « davantage » selon Mme BORNE, il faut faire « payer les poids lourds ».

Convergence, effectivement…

 

Mais de qui se moque-t-on ?

Entre le « plus » et le « davantage », force est de reconnaître que les intéressés admettent, au moins implicitement, que le transport routier contribue déjà à ces financements.

 

Mais pour l’OTRE, c’est NON.

Elle refuse que la ou les solutions passent par un « plus » ou un « davantage » de la taxation des transporteurs.

L’OTRE s’opposera à ces projets de mesures qui vont favoriser encore la concurrence des entreprises des pays du low cost social que les partisans du « plus » et du « davantage », dénoncent eux-mêmes par ailleurs !

Mais convergence ne signifie pas toujours cohérence…

 

Philippe BONNEAU

 

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