Valse ministérielle estivale…

 

On est à l’époque des séries télévisées. Des épisodes et des saisons… L’été, depuis deux ans, nous habitue à une série gouvernementale qu’on pourrait nommer « La Valse estivale des ministres » ou « Je pars Ailleurs » … À chaque épisode son héros : ce furent dans des scenarii variés Bayrou, Ferrand, Sarnez, Goulard, Hulot, Flessel, Colomb, Griveaux, Madjoubih, Loiseau, Nyssen, Gény-Stephann, Travert, Mézard…

 

Puis vint de Rugy !

 

La photo première du gouvernement d’Édouard Philippe (toujours là mais pour combien de temps ?) voit un à un ses personnages disparaître… La Ve République nous avait habitué à une plus grande stabilité, à une continuité politique et technique plus solide des titulaires de portefeuilles ministériels, parfois régaliens.

 

Les temps ont changé. Renforcés par les pouvoirs accrus d’une forme de presse numérique, dite d’investigations, les seules fautes délictuelles et judiciaires ne suffisent plus à mettre en cause la pérennité d’un responsable politique, fussent-ils ministres. Peut-être faut-il s’en réjouir si l’intérêt général (parfois faussement mis en avant) commande à la moralité et au zèle d’humble serviteur de l’État d’être les normes à son sommet. Mais l’image n’est elle pas troublée en donnant en pâture des hommes ou des femmes n’ayant parfois pas démérité sur le fond pour des faits, somme toute, non illégaux, relevant plus de la maladresse ou de l’absence de discernement que de la volonté d’être malhonnête ?

 

Après tout, nos ministres, nos hommes et femmes politiques ne sont-ils pas à notre image ? Les parangons de vertu ont toujours existé. Les profiteurs du quotidien aussi… Certes, qui dit utilisation de fonds publics, qui exerce une situation de responsabilité au plus haut niveau, qui est investi d’une fonction élective… a comme corollaire obligé celui de l’exemplarité. Quel que soit le niveau. Et c’est la règle même à respecter qui fondent les valeurs républicaines. Ça n’est pas négociable.

 

Mais notre société, pour ne pas écrire notre humanité, ne gagnerait-elle pas en davantage de mesures dans les propos, dans une forme d’acharnement à l’égard de tel(le) ou tel(le) ? « Que celui qui n’a jamais fauté lui lance la première pierre (…) Et ils s’en allèrent en commençant par les plus vieux !» En philosophe humaniste, Jésus, renvoit ceux qui vocifèrent sur la femme adultère à leur propre éthique de vie. Or on sait que les plus grands procureurs aujourd’hui médiatiques ou issus des réseaux sociaux ne sont pas nécessairement les plus à même de témoigner d’une forme de vertu républicaine !

 

C’est aujourd’hui l’épisode de Rugy. Saison 3 ou 4… On ne sait plus très bien mais la liste s’allonge désormais d’un nouveau départ. Concomitamment, en serait-ce un pour le Transport ? On peut en douter…

 

Continuité bien au contraire. Notre ministre de tutelle, Elisabeth Borne a été nuitamment nommée, ce 16 juillet, ministre de la Transition écologique et solidaire en remplacement de François de Rugy.

 

Mme Borne, qui était jusque-là placée sous l’autorité du ministre de la Transition écologique, ne prendra toutefois pas le rang de ministre d’État de son prédécesseur. Mais elle conserve son portefeuille des Transports. Bonne nouvelle ? Nul ne le sait. Nos discussions avec la ministre sont franches depuis deux ans. Elles se sont tendues ces derniers temps avec l’annonce de réduction de TICPE que nous avons toujours dénoncée.

 

L’OTRE souhaite bonne chance à la nouvelle locataire de l’Hôtel de Roquelaure, siège du ministère de la Transition écologique, en espérant que son bail, à l’instar de celui de ses prédécesseurs, ne soit pas trop précaire…

 

Philippe BONNEAU

 

 

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