Une bataille à livrer pour toute la profession !

La 18e édition du Congrès national de l’OTRE qui avait pour thème « Les PME du transport routier face aux e-transformations », s’est tenu à Toulouse dans le lieu mythique du stade toulousain. Un succès, incontestablement pour les centaines d’entreprises et de partenaires présents. Occasions renouvelées de rencontres et de débats nourris.

En conclusion des travaux de ce Congrès, Aline MESPLES dans un discours offensif a rappelé au représentant de la Ministre, les incertitudes auxquelles la profession est livrée. « C’est sans doute un Congrès particulier en raison du contexte dans lequel il se tient. Un contexte tendu où se manifeste ce que l’OTRE a appelé (si vous me permettez l’expression) une convergence des ras l’bol. Convergence qui dépasse le seul cadre des professionnels de la route que nous sommes. Tous mes confrères transporteurs de personnes ou de marchandises, ici présents (vous l’aurez senti je pense !) sont inquiets, des bouleversements qui s’annoncent. Sur tous les plans. », a-t-elle déclaré.

À quelques jours de la mobilisation des gilets jaunes la présidente a redit la position de l’OTRE face au mouvement citoyen et à la mobilisation. L’OTRE a rappelé que l’organisation ne souhaitait pas se lier à une action jugée floue notamment par le manque d’informations sur les organisateurs et leurs buts. Elle a affirmé que l’OTRE ne souhaite pas s’associer à ce mouvement pour rester crédible à d’autres occasions « car sur le fond les revendications des professionnels routiers ne sont pas les mêmes que celles de ces citoyens qui se mobilisent »

Durant près de 40 minutes, Aline MESPLES a poursuivi dans ce que Transportissimo a qualifié de « beau discours sans langue de bois qui nous rappelle à quel point le secteur souffre d’un manque de considération et d’une forme de mépris de l’État ». L’OTRE a encore une fois montré qu’elle était là pour défendre envers et contre tous ce secteur indispensable à l’économie française.

In fine de son propos, la présidente de l’OTRE a fait au nom des professionnels du transport une série de revendications dans trois domaines : sur la fiscalité, sur la transition énergétique et sur le financement des infrastructures.

Ce sont ces mêmes propositions qui sont reprise ce 21 novembre dans une lettre ouverte au Premier ministre Édouard PHILIPE. Elles sont sans équivoques et démontrent, s’il en était besoin, qu’elles sont différentes des demandes protéiformes des gilets jaunes.

 

Sur la fiscalité du carburant :

– La sécurisation du dispositif de remboursement partiel de la TICPE du gazole routier et non routier, et son élargissement aux activités du transport léger, y compris du transport routier sanitaire,

– L’extension de l’indexation du carburant à l’ensemble des professionnels du transport routier de personnes et de marchandises, quel que soit le tonnage du véhicule,

– L’aboutissement des travaux entamés avec la Direction Générale des Douanes et les différents ministères sur l’instauration d’un carburant professionnel à la pompe dès le 1er janvier 2020, quel que soit le tonnage du véhicule,

– Dans l’attente et au titre de l’année 2019, le versement d’un acompte sur le remboursement partiel de la TICPE aux entreprises en début de chaque semestre sur la base du semestre précédent.

 

Sur la transition énergétique :

L’offre alternative aux véhicules diesels professionnels proposée par les constructeurs et les distributeurs de carburant n’est pas à la hauteur des enjeux. Leurs engagements nous apparaissent en totale déconnexion avec la trajectoire ambitieuse de la transition énergétique retenue par votre gouvernement jusqu’en 2022 et qui impacte les transporteurs.

 

L’OTRE réclame donc la négociation d’un accord de transition énergétique dans le transport routier de 2019 à 2022. Il devra être renégocié dès la fin de l’année 2022, pour le quinquennat suivant. Pour y parvenir, l’OTRE attend une concertation :

– D’une part, avec l’État, les constructeurs, les filières de distribution des carburants alternatifs pour que des objectifs chiffrés annuels de développement de l’offre de motorisation alternative soient déterminés en même temps que la mise en place d’un réseau de ravitaillement. À défaut d’objectifs atteints, les contraintes et la fiscalité sur les usagers transporteurs professionnels pourraient être remis en cause,

– D’autre part, avec l’État et les représentants des collectivités territoriales pour unifier nationalement les règles à l’égard du transport routier : contraintes identiques, aides financières, politiques d’achat de transport routier, etc.

– Enfin, avec les sociétés d’autoroutes qui gèrent le réseau concédé afin qu’elles participent à l’effort collectif en faveur de la transition énergétique du transport routier.

 

Sur le financement des infrastructures :

Dans le cadre de la loi d’orientation des mobilités, l’OTRE réclame des garanties immédiates sur :

– La non remise en cause de l’assise actuelle du remboursement partiel de la TICPE,

– Une affectation des recettes actuelles, issues des usagers de la route, clairement fléchée à destination des dépenses de la route.

 

Au Congrès, à la fin de son discours, Aline MESPLES avait cité Franklin ROOSEVELT qui disait : « Les seules batailles qui sont perdues, sont celles qu’on ne livre pas ! »  

L’OTRE en livre une nouvelle…

 

Philippe BONNEAU

 

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