Prenons soin les uns des autres…

 

« L’épidémie de Covid-19 est sous contrôle », déclarait il y a peu le conseil scientifique. Il est vrai qu’en France, comme dans la majeure partie de l’Europe, les voyants sont au vert. Est-ce pour autant la fin de l’épidémie ? Le SARS-CoV-2 va-t-il finir par disparaître ? Allons-nous pouvoir, dans les semaines qui viennent, reprendre une vie tout à fait normale ? L’épidémie de Covid-19 est-elle terminée ?

Manifestement, non !

Si l’on écoute à la fois les médecins épidémiologistes mais aussi parce que, ici ou là, y compris dans notre pays, des groupes d’infection sont signalés comme dans les Pays de la Loire, en Mayenne notamment, la prudence est de mise.

Tout, absolument tout, y invite. Il faut  maintenir et respecter des gestes barrières : port du masque, respect des distances, éviter les contacts directs, lavage régulier des mains… Dans nos activités personnelles comme dans les professionnelles. Et le transport routier n’échappe pas à ces préconisations. Bien au contraire. Il est plus qu’urgent d’être rigoureux sur ce point afin d’éviter au maximum une nouvelle propagation du virus. Imposer de nouvelles mesures de restrictions d’aller et venir, un confinement strict  comme nous l’avons connu en mars et en avril derniers seraient catastrophiques pour le Pays.

Actuellement, dans le monde, « On n’a jamais enregistré autant de cas de Covid qu’aujourd’hui (…), même au plus fort de la crise, cet hiver, il y avait moins de cas rapportés dans le monde. En revanche, dans la plupart des pays d’Europe, en particulier dans le nord de l’Europe, et en France, on peut dire que la vague est en pleine décrue. Notre pays compte aujourd’hui entre 200 et 500 cas rapportés chaque jour. La décrue est bien amorcée, mais le virus continue à circuler. » a expliqué récemment sur France-Culture le docteur Antoine Flahault, épidémiologiste et professeur de santé publique à l’Université de Genève.

Décrue, mais présence toujours active du virus. Tous ces spécialistes disent que ces modèles épidémiologiques empêchent d’établir une issue, quelle qu’elle soit, avec certitude. Il est donc impossible de prédire la fin de cette épidémie.  Seconde vague ou pas ? Sérieusement, personne ne peut le dire. Est-ce une vague qui sera associée à un rebond à l’issue du confinement ? On n’en sait rien. Est-ce qu’il y a un frein estival qui va permettre un répit pendant l’été dans nos latitudes, et un retour cet automne ou cet hiver ? On n’en sait rien.

Seule certitude : protégez-vous, protégeons les autres, protégeons-nous !

Dans les pays européens, depuis presque deux mois que le confinement a commencé, il n’y a pas une recrudescence ou de rebond qui serait associé à ce déconfinement. Par ailleurs, des pays comme la France ont beaucoup augmenté leurs stratégies de tests PCR pour l’identification de nouveaux cas. Ceci explique une certaine recrudescence des cas en termes statistiques, mais ne correspond pas à une augmentation du nombre réel de nouveaux cas.  « On n’est sans doute pas à l’abri d’une recrudescence de “cluster” de-ci de-là, mais peut-être de façon suffisante pour qu’au moins nos hôpitaux, nos services de réanimation ne se retrouvent pas engorgés. » A déclaré le Professeur Guy LAUNOY de l’Unité de Recherches et d’Evaluations en Épidémiologie du CHU de CAEN (France-Bleu Normandie-13/07/2020).

Toujours est-il, tout le monde s’accorde pour reconnaître que le respect des gestes barrières est aussi pour quelque chose dans l’absence de résurgence de la pandémie. Les pays du monde qui n’ont pas fait ce choix ou ont suspendu le confinement trop tôt, pour des raisons politiciennes la plupart du temps, se trouvent aujourd’hui gravement confrontés à la résurgence de la pandémie. Les États-Unis en sont l’exemple dramatique avec l’annonce, le 15 juillet dernier, par son Gouverneur, d’un reconfinement quasi-total en Californie, un État de 39 millions d’habitants !

Nos dirigeants européens l’ont, incontestablement, bien compris à l’instar du Président français qui a rappelé, dans son entretien du 14 juillet, l’urgence du respect des gestes barrières dans les lieux publics conduisant à l’instauration du port obligatoire du masque dans les lieux publics clos au plus tard à compter du 1er août prochain même si d’ici là son usage est plus que recommandé !

Pour chacune et chacun de nous c’est une priorité que de nous protéger les uns les autres. Au-delà même de la sécurité sanitaire, le respect des gestes barrières, à commencer par le port du masque, n’est finalement qu’une marque de respect de nos semblables, à commencer par les plus fragiles d’entre nous. Tout discours inverse est futile, pour ne pas écrire irresponsable voire imbécile… !

A chacune, à chacun, dans cette période estivale si particulière, l’OTRE et son comité de rédaction, souhaitent, malgré tout, un moment de pause profitable pour reconstituer ses forces en prenant (surtout !) soin de vous, des uns et des autres…

On se retrouve début septembre.

Bonnes vacances.

Philippe BONNEAU
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