À l’heure où l’on nous parle de mobilité et d’écologie (Paris est classée par l’étude Arcadis 3e ville au monde pour la mobilité durable) et que l’on connait les volontés de circulation entravée notamment dans la capitale, l’automobile va encore être en 2018 la grande « vache à lait habituelle et captive » de nos édiles grâce à une fiscalité perfide. Le secteur du transport public particulier à la personne s’en inquiète fortement ; petit répertoire du déluge fiscal qui nous attend :

Carburant

Rattrapage sur quatre ans du différentiel essence/gazole, soit une augmentation annuelle de 2,6 centimes HT/L chaque année, soit 3,12 centimes TTC/L ; les taxes représentent 65 % du prix du carburant.

Taxe carbone / Plan climat

Son montant est passé de 7 €/tonne en 2014 à 30 €/tonne en 2017 et va prospérer à 45 € en 2018 puis 65 € en 2020 et 86 € en 2022 ; soit + 4 centimes sur l’essence, + 7,6 centimes sur le gazole ; d’ici 2022 le gazole aura pris 30 centimes rien qu’en taxes … et à tarif constant du baril !

Malus écologique

Uniquement basé sur le taux de CO2 et visant le diesel il exclut désormais les hybrides ; son barème est notablement durci en 2018 et devient quasi confiscatoire (l’écologie devient punitive) ;

Radars

L’augmentation de leur nombre, les cabines plus performantes et les radars mobiles vont encore faire de gros dégâts… et rapporter un maximum sous l’alibi d’un objectif de sécurité routière.

Contraventions

Il ne suffit pas de s’arrêter pour payer moins ; les nouveaux « forfaits post-stationnement » mis en place entre autres à Paris au 1er janvier 2018 (et demain ailleurs), vont avoir un effet dévastateur. Cette vidéo-verbalisation sans discernement va devenir de plus en plus courante en n’oubliant pas que le marché du recouvrement du stationnement est confié au secteur privé dans le but non avoué d’augmenter notablement le rendement.

Péages autoroutiers

Les péages autoroutiers s’envolent dans la plus grande opacité au prétexte de hausses prévues dans les contrats de concession et de travaux d’investissement.

 

Concomitamment, rappelons la disparition de stations-service, notamment à Paris et sur les routes nationales (en 40 ans le nombre de stations des grands réseaux pétroliers est passé de 40 000 à 6 000 ; parallèlement celui des stations en grande surface est passé à 5 000) avec les risques de se retrouver en panne sèche.

La seule solution pour éviter un certain nombre de taxes pour les exploitations de véhicules légers est de jouer la carte des énergies alternatives (électrique et gaz) ; Mais l’offre des constructeurs est encore loin d’être pléthorique, les prix extravagants, la politique fiscale insuffisamment incitative malgré les grands discours écologiques, et les bornes électriques ou le réseau de distribution du gaz sont encore rares. Il est difficile d’utiliser ces matériels pour nos activités alors que pourtant nombre d’entre nous seraient partants.

Certes dans les trois ans qui viennent cela va évoluer. Actuellement les solutions restent très limitées, et la tendance des autorités va plutôt vers la « mobilité partagée » et le multimodal. Sauf que là encore, la multiplication des plateformes ouvre une nouvelle brèche avec la vente à la place en VTC, ce qui est pourtant interdit par les textes. Plus que jamais la question du fonctionnement de ces plateformes d’intermédiation et de leur modèle social est au cœur de nos préoccupations.

Après avoir subi une réforme importante avec la loi GRANDGUILLAUME, l’année 2018 verra des changements importants dans nos métiers du transport public particulier à la personne (le législateur envisagerait certains réajustements réglementaires). Plus que jamais, nous allons devoir suivre avec attention tous ces travaux.

L’OTRE et la CSNERT resteront aussi attentives aux travaux des Assises de la mobilité.
Bref, le chemin est encore long et il y a beaucoup de virages. Alors, trêve de morosité, et… en route !

 

Paul RISBOURG
Secrétaire général de la CSNERT – France limousines association
Coordinateur du conseil de métier T3P – VTC de l’OTRE

 

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