Rapport PICHEREAU ou comment professionnaliser le VUL ?

Damien PICHEREAU, député de la Sarthe, a remis ce 18 avril à la ministre des transports, le rapport sur l’exploitation des véhicules utilitaires légers. Il préconise une trentaine de mesures (Cf. site de l’OTRE www.otre.org)  et propose de professionnaliser un parcours du métier de conducteur de VUL en passant par une formation obligatoire, comme pour le poids lourd. Au niveau européen, le rapport invite à appliquer le paquet mobilité.

Dans un premier temps, le rapport dresse un véritable état des lieux sur le véhicule utilitaire léger.  Le constat y est dressé d’une explosion des véhicules utilitaires légers. Ceci est en partie dû à une forte augmentation du e-commerce. Les conséquences induites sont fortes : il sera nécessaire notamment de revisiter la politique de logistique urbaine dans chaque collectivité.

Le calendrier du vote des mesures qui seront retenues s’inscrit opportunément dans celui des dispositifs législatifs qui doivent être débattus et adoptés avant la fin de l’année à Paris et à Bruxelles.

À Paris d’abord, dans le prolongement des assises et du rapport DURON, la loi d’organisation de la mobilité (LOM) devrait être votée dans le courant de l’été. Elle devrait intégrer une bonne partie des propositions du rapport PICHEREAU.

À Bruxelles ensuite, dans le cadre du Paquet mobilité pour toute la logistique interurbaine qui devrait être adopté en juin prochain. On l’a déjà souligné dans le cadre de cette publication hebdomadaire, il faudra être particulièrement ferme. Certaines des propositions du rapport seront proposées par la France. Mais ce sont 26 pays qu’il faudra persuader. Certains d’entre eux n’accepteront pas que des règles plus strictes ayant pour but de « professionnaliser le métier » s’appliquent à une activité dont ils profitent largement dans le cadre de ce qui s’apparente à une concurrence déloyale qui ne dit pas son nom…

Le député de la Sarthe l’a dit (1) « Nous n’oublions pas le problème de recrutement de conducteurs poids lourds. Il manque 30 000 conducteurs en France. Et face à ce fléau, il existe un vivier extraordinaire en  VUL. Il continue d’augmenter avec les anciens chauffeurs Uber / VTC qui arrivent dans le VUL. L’accès est facile puisqu’aujourd’hui encore il suffit d’un permis B (…) Reste à savoir si on peut conduire en toute sécurité avec un permis B, au quotidien, avec la fatigue un véhicule de 3,5 tonnes voire plus quand il est surchargé ? Ce métier de conducteur VUL pourrait être aussi une passerelle pour devenir conducteur de poids lourd. L’idée est de faciliter le recrutement pour les deux »

Concernant les conducteurs étrangers, pour Damien PICHEREAU (1) « il suffit simplement d’appliquer le paquet mobilité destiné aujourd’hui aux poids lourds aux VUL pour que ces derniers redeviennent à son point de compétitivité initiale, c’est à dire qu’il soit moins compétitif qu’un poids lourd  (…) En France, il existe déjà une obligation d’être inscrit au registre des transports, ce qui n’est pas le cas sur le plan européen. J’ai demandé qu’il y ait les quatre règles appliquées déjà aux poids lourds pour les VUL : les quatre critères d’accès au métier de transporteur (capacité professionnelle, l’honorabilité, capacité financière et établissement). La commission européenne proposait d’élargir à deux critères alors que la France demandait d’appliquer les quatre critères. »

L’OTRE ne peut que se réjouir et soutenir ces propositions qui s’inscrivent dans la droite ligne de ce qu’elle propose depuis toujours : que tous soient soumis aux mêmes règles. C’est davantage qu’une question d’équité. C’est la justice. La vraie.

Attendre et voir désormais ce qui se passera.

Philippe BONNEAU

 

(1) TRM24.fr du 10 avril 2018

Rapport PICHEREAU

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