Dans son discours de clôture du congrès de l’OTRE à Tours le 15 octobre dernier, Aline MESPLES s’est voulue plus politique dans le propos. Elle a voulu au nom des entreprises du transport routier envoyé un message clair à celles et ceux qui brigueront les suffrages des français en 2017.

2017 sera l’année de rendez-vous électoraux majeurs pour le pays. Élections présidentielle et législatives vont occuper l’espace politique et médiatique.

Aussi, Aline MESPLES a-t-elle prévenu : « Comme organisation professionnelle nous ne pouvons pas être absents de ce débat. Nous devons l’être comme « contributeurs » d’idées mais aussi et surtout comme aiguillon de principes à rappeler, de convictions à défendre pour nos entreprises auprès de celles et ceux qui demain sont candidats à la plus haute fonction de notre pays et de celles et ceux qui demain aspirent à fabriquer la loi républicaine à l’Assemblée Nationale. »

Poursuivant son propos, la présidente a rappelé avec force pour la branche du transport que : « Confrontés aux enjeux de la mondialisation, aux défis environnementaux, le transport routier ne peut pas être un dossier accessoire dans la réflexion globale sur l’avenir du pays en Europe et dans des échanges globalisés. »

Affirmant d’abord que demain « Les candidats à l’élection présidentielle se doivent de mettre [les sujets du développement économique et de l’emploi] au centre de leurs réflexions, de leurs propositions. », elle les a ensuite mis en garde en précisant « Ils n’ont pas le choix tant notre vivre ensemble est menacé et notre équilibre inter générationnel mis en péril face notamment au chômage des jeunes qui bat des records. »

C’est pourquoi, dans ce débat, l’OTRE interpellera les candidates et les candidats. De tout bord. Et Aline MESPLES de rappeler « Notre credo reste l’entreprise en général et l’entreprise de transport en particulier. Mais notre idéal, ce sont d’abord les hommes et les femmes qui les incarnent. L’entreprise doit être respectée à sa juste place : celle de moteur de l’économie et du développement social. Particulièrement les TPE et PME, premiers employeurs de France. »

Poursuivant dans une anaphore, elle a rappelé ensuite ces évidences trop souvent oubliées, notamment par les politiques :

« L’entreprise, celles et ceux qui l’incarnent, créé la richesse.
L’entreprise, celles et ceux qui l’incarnent, propose l’emploi, assure la formation initiale et continue, porte la protection sociale et les droits à retraite des salariés.
L’entreprise, celles et ceux qui l’incarnent, participe au dialogue social.
L’entreprise, celles et ceux qui l’incarnent, s’adapte chaque jour pour répondre à de nouveaux enjeux de société par la recherche et l’innovation.
La politique économique est au service des entreprises, des entrepreneurs, des salariés. Pas l’inverse. De la part de nos responsables politiques, nous n’attendons pas de déclaration d’amour, et encore moins de propos haineux. Nous demandons juste une attitude respectueuse de ce que nous sommes. Nous attendons de celles et ceux qui nous gouvernent ou aspirent à le faire, des projets et des décisions pragmatiques. »

Et de poursuivre avec fermeté « Nous exigeons un contrat social acceptable qui protège l’entreprise et le salarié. Notre modèle social est fragilisé notamment par une judiciarisation excessive des relations employeur/salarié ou encore un Code du travail incompréhensible et trop tatillon que les travaux de Messieurs BADINTER et Lyon-Caen ont mis en lumière. Une administration de contrôle qui reste trop souvent perçue comme un « père fouettard » alors qu’elle devrait être le premier conseil de l’entrepreneur, son premier défenseur… Un secteur bancaire souvent frileux qui prête le parapluie quand il fait beau et vous le retire dès que l’orage s’annonce… À cela s’ajoute une insécurité permanente des chefs d’entreprise sur le plan de la responsabilité pénale ou financière »

Dans cet esprit de Contrat social Aline MESPLES préconise de la mesure dans tous les domaines de l’entreprise à seule fin de sa compétitivité. Ainsi, sur le plan de la fiscalité dont Aline MESPLES regrette que durant le quinquennat qui s’achève, on aura vu « une augmentation record des prélèvements. » elle rappelle que cette fiscalité « est un frein au développement. Elle pénalise l’activité économique des entreprises sur le marché international et sur le marché unique européen. Et nous le savons bien, le financement de la sphère publique est devenu prohibitif et nous n’en avons tout simplement plus les moyens ».

Sortant des constats pour celui des propositions, la présidente s’est ainsi dite favorable « à une baisse des prélèvements obligatoires, ciblée principalement sur les entreprises. » Notant que « Des propositions sont faites comme par exemple la suppression des cotisations famille des entreprises à hauteur de 10 milliards d’euros contre une hausse de la TVA de 1 point. » Elle souligne le fait que « C’est une proposition qui va dans le bon sens »

Pour terminer, Aline MESPLES appelle à la pérennisation du CICE « … sous une forme ou sous une autre comme par exemple une baisse pérenne de charges et de la même manière qu’il faut appliquer un taux zéro de charges sur le smic ».

Et de conclure « Ces quelques principes ou préconisations n’ont qu’un seul but : rendre l’entreprise compétitive par rapport à une concurrence qui, quand elle n’est pas déloyale, met les entreprises françaises dans une situation beaucoup plus défavorables que ces homologues européennes… Et qui dit compétitivité, dit embauches ! Le réalisme doit céder le pas à tous les conservatismes sans pour autant verser dans un ultralibéralisme sauvage »

Au travail !

Téléchargez l'article en PDF : Download PDF