Hommage…

Au moment où il me faut rédiger quelques lignes pour notre hebdomadaire, me parvient la nouvelle de la mort dramatique d’un homme qui au nom de son devoir, de ses valeurs humaines, de ses croyances, s’est volontairement substitué à la place d’une salariée, hôtesse de caisse, prise en otage dans le magasin Super U de Trèbes.

Si Julie est encore en vie aujourd’hui, c’est grâce au lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud BELTRAME, qui a pris sa place comme otage ce vendredi 23 mars…

Alors que plusieurs collègues et clients avaient pu quitter le magasin, elle est restée seule face au terroriste durant 45 minutes, jusqu’à l’arrivée de cet officier de gendarmerie. Il va y laisser sa vie, comme trois autres personnes avant lui, un boucher du magasin, un maçon ainsi qu’un viticulteur retraité, clients du magasin…

L’OTRE s’incline devant ces victimes de la folie meurtrière et fanatique d’un individu dont ces hommes ont eu la malchance de croiser le chemin.

Pourquoi évoquer cela ici ? Quel rapport avec l’engagement professionnel ne manqueront pas de dire certains ? Pourquoi ces lignes dans la News de l’OTRE persifleront d’autres ?

Pourquoi pas ? Serai-je tenté de répondre, spontanément. Nous sommes concernés. Car dire collectivement son émotion face à des victimes innocentes d’une barbarie qui germe dans des esprits faibles et incultes, c’est rappeler que notre action d’organisation professionnelle n’est pas désincarnée. Défendre le transport routier, représenter la branche, c’est être atteint aussi par ce qui fait la vie de notre pays. C’est le dire même si cela ne concerne pas directement l’actualité de notre profession.

Et surtout, le premier des critères pour déterminer la représentativité d’une organisation professionnelle n’est-il pas celui du respect des valeurs républicaines ? Qu’est-ce à dire? Elle est tellement utilisée cette expression  que sans doute on a pu en perdre le sens…

L’acte du lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud BELTRAME nous redit pourtant l’une de ces valeurs. Fondamentale.

C’est la fraternité.

Son acte nous y renvoie. Tous. Organisations, institutions, individus…

Car c’est bien ce qui restera après l’hommage national, les hommages particuliers mais aussi le bruit médiatique, parfois, (hélas !) les dérapages ou les excès, les récupérations ou les logorrhées savantes des uns et des autres.

Restera la fraternité incontestablement. Et ses déclinaisons : solidarité, défense des plus atteints, protection des plus faibles, courage, devoir…

Comment notre organisation professionnelle ne serait-elle pas concernée ?

Tant pis si certains voient dans ces mots un catalogue de bonnes intentions. Ou bien plutôt dommage si l’on n’y voit pas l’urgence de pratiquer ces valeurs plus que républicaines puisqu’elles sont… humaines ! Et c’est bien là les seules qui vaillent car comme l’écrivait Albert Camus : « Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser ».

Oui, hommage à Arnaud BELTRAME de nous l’avoir rappelé…

 

Philippe BONNEAU

 

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