L’OTRE a publié un communiqué de presse sur le dumping social cette semaine qui a, semble-t-il, fait parler tous les milieux autorisés cette semaine… Pourtant, il n’y a rien de plus naturel que ce que l’OTRE a déclaré dans ce communiqué !
En effet l’OTRE s’est fondée sur le principe de l’harmonisation européenne et le combat contre le dumping social et fiscal qui a, au fil des ans, meurtri le transport routier français. Mais, ce qui était au départ une concurrence déloyale européenne s’est petit à petit transformée en une concurrence déloyale venant de l’intérieur…
Elle peut prendre différents visages. Parfois, par l’utilisation de salariés venant du même groupe mais d’agences basées dans d’autres pays européens sous couvert du détachement de personnel non résidents en France, mais dont les règles sont allègrement détournées. D’autre fois, par le biais des services d’agences d’intérim qui proposent sans vergogne des salariés conducteurs venant des pays européens aux salaires et charges patronales les plus faibles de l’Union Européenne.
Ces entreprises vous disent ensuite qu’elles n’ont pas le choix, que sinon elles ne seraient pas concurrentielles au niveau européen ! Le hic ? C’est que nous sommes sur le marché français, et qu’elles viennent le déstabiliser très fortement !!! Et ce faisant, qu’elles mettent en péril des tas de TPE et PME de transport routier qui ne peuvent s’aligner sur les prix de transport proposés. Un troisième moyen est encore de capter l’offre de transport au prix européen et ensuite de le sous-traiter à de petits transporteurs qui, malgré le coût à perte, ne peuvent pas refuser le marché. Et là aussi c’est tout le marché français qui s’en trouve déstabilisé dans ses prix.
Si certains, aujourd’hui, avancent que ces entreprises n’ont d’autre choix que ceux là sous la pression de la concurrence européenne et du marché, l’OTRE relève le gant et dit NON !
Il n’est pas acceptable aujourd’hui de baisser les bras de la sorte et de se soumettre au diktat d’un libéralisme extrême. Le marché ne pourra pas se réguler de lui-même, ou alors au prix de centaines, voire de milliers de PME mortes.
À l’inverse, l’OTRE prône un marché régulé où les règles sociales et fiscales doivent être les mêmes pour toutes les entreprises européennes. Et arrêtons l’hypocrisie qui consiste à dire, par exemple, qu’en matière sociale la directive européenne sur le temps de conduites s’applique en France. Tout le monde sait que ce n’est pas vrai ! Et il n’est pas question d’abaisser le coût du travail mais de permettre aux entreprises françaises d’utiliser la même enveloppe d’heure de travail et de conduite que leurs concurrentes européennes. Ce simple réajustement permettra à nos PME de retrouver de la compétitivité, qui permettra à son tour de donner de la croissance qui entraînera du chiffre d’affaire qui permettra enfin de réévaluer les salaires. Voilà ce que doit être le cercle vertueux de notre économie.
Alors, à ceux qui proposent un nivellement par le bas au seul argument de la concurrence européenne libéralisée, l’OTRE répond que l’application des mêmes règles par tous, leur respect, et la régulation du marché que cela engendrera seront les piliers du retour à la compétitivité du pavillon routier français.
Telle était l’éthique de l’OTRE à son origine, telle est aujourd’hui son éthique, et telle continuera d’être son éthique à l’avenir. Et ce, avec un seul objectif, l’intérêt des PME de transport routier françaises.
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