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Formation professionnelle : un accord à l'arraché

La huitième séance de négociation sur la formation professionnelle a été longue : 25 heures. Mais, hier matin, patronat et syndicats sont parvenus à un accord qui devrait être signé par une majorité de syndicats.

Et de quatre. Après les négociations sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, le chômage partiel et l'assurance-chômage, les partenaires sociaux ont achevé hier celle sur la formation professionnelle. Leur huitième réunion, débutée mardi matin, a duré plus de 25 heures. Mais, si la discussion s'est éternisée, elle a abouti à 10 heures du matin, ce mercredi, à un texte bien accueilli par les délégations syndicales, sur lequel les centrales doivent se prononcer formellement d'ici au début février (« dans quelques jours » pour FO, le 12 janvier pour la CFTC, le 14 pour la CGPME, le 20 pour la CGC, les 21 ou 22 pour la CFDT, le 3 ou le 4 février pour la CGT). Le contraste avec l'assurance-chômage était saisissant. A croire, même, que certains y ont vu le moyen de contrebalancer leur position sur ce dossier là...

Seule la CGC a boudé le texte. La priorité donnée aux publics les plus difficiles « à enveloppe (financière) constante » signifiera une baisse des moyens consacrés aux cadres, a critiqué Alain Lecanu. Le négociateur de FO, Stéphane Lardy, aussi chargé de l'Unedic, a au contraire jugé que le projet « répond en grande partie à nos revendications » pour les salariés peu qualifiés et les demandeurs d'emploi. Pour la CFTC, Olivier Gourlé a pointé les avancées du texte et a souligné qu'il n'avait « plus de points de blocage ». « Ce n'est pas «le» grand accord », a noté Annie Thomas, de la CFDT, mais c'est « un bilan d'étape sur la sécurisation des parcours ». Même la CGT a porté un regard positif sur le texte. « On sort enfin d'une logique de statut », c'est-à-dire du conditionnement d'un droit à la formation à une situation, a noté Thierry Le Paon, qui a aussi pointé le caractère normatif de l'accord. Enumérant sept points positifs et deux regrets, il s'est félicité aussi de l'« objectif ambitieux » fixé au Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels de former 700.000 personnes, dont 500.000 salariés peu qualifiés et 200.000 chômeurs.

« Réponses ambitieuses »

Si l'architecture du projet d'accord a peu changé (« Les Echos » du 6 janvier), cet objectif a été la principale nouveauté de la dernière nuit de négociation, qui a vu aussi le patronat accepter de remonter un peu le plafond d'alimentation du fonds de sécurisation de 800 millions à 900 millions d'euros. Pour le patronat, son chef de délégation, Jean-François Pilliard, délégué général de l'UIMM, s'est félicité des « réponses extrêmement ambitieuses » apportées par le projet d'accord. Signe que les temps ont changé au patronat, cette fois-ci, la CGPME, comme l'UPA, a précisé sa position. Sans surprise. Si, sur l'assurance-chômage, elle menace de ne pas signer, elle s'est félicitée d'« un ensemble de mesures tout à fait cohérent ». Même si elle a dû en rabattre sur son projet de fusion du contrat individuel de formation (CIF) et du droit individuel à la formation (DIF). Reste à savoir si l'Etat se satisfera de ce texte.