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Interview de Michel SOGNY, président de l’Unotre Champagne-Ardenne

 

Unotre est fier de compter la Champagne-Ardenne parmi ses nouveaux adhérents. La rédaction du mensuel est heureuse à travers la voix du président de l’Unotre Champagne-Ardenne, Michel SOGNY, de vous présenter ce syndicat, ses actions et son histoire qui vient enrichir la nôtre.

 

Q - Pouvez-vous présenter votre syndicat, son historique.

Michel Sogny : il est né dans les années 60 avec des transporteurs las de la FNTR qui voulaient avoir un syndicat apte à défendre les intérêts des petits écartés des fameuses « carte rouge ». Nous avons eu la chance, en Champagne d’avoir des personnalités fortes comme M. Guillouart ou M. Struby qui ont su par leur détermination mettre l’Unostra sur le chemin de la reconnaissance.

 

Q - Depuis quand êtes vous à sa tête ?

Michel Sogny : j’ai adhéré à l’Unostra en 1994, je suis rentré très vite au bureau comme administrateur et j’en suis président depuis 2001. Mais l’exercice n’est pas aisé car la structure de mon entreprise ne me permet pas de disposer d’autant de temps que je le souhaiterais pour participer à la défense de la profession.


Q - Quels types d’activités exercent les entreprises qui adhérent à votre syndicat ?

Michel Sogny : la région est marquée par le sceau du Champagne qui induit une activité forte pour la région mais pas uniquement, car la région est également riche en agriculture (betterave, céréales, luzerne) et l’industrie de transformation qui en découle. La situation géographique de la Champagne étant intéressante au niveau des flux, nous avons vu fleurir des entrepôts logistiques qui ont développé le BTP, appuyé par la construction du TGV Est. Nos adhérents couvrent l’ensemble de ces secteurs et nous comptons également dans nos effectifs quelques déménageurs, dont le président de Promotrans.

 

Q - Et vous-même, quel est le secteur d’activité de votre entreprise ?

Michel Sogny : l’entreprise familiale que je dirige a été créée par mon père dans les années 1950 et s’est diversifiée en fonction des besoins de l’économie locale. Ainsi nous offrons une polyvalence qui nous permet d’œuvrer aussi bien pour l’industrie que le BTP et l’agriculture.

 

Q - Quel type de développement économique avez-vous mis en place au sein de votre entreprise ?

Michel Sogny : notre développement est fonction des opportunités générées par l’évolution de la région. La polyvalence nous offre la possibilité de varier notre activité en fonction des créneaux porteurs du moment et ainsi rentabiliser au mieux notre entreprise.

 

Q - Quels sont vos projets d’avenir pour votre entreprise ?

Michel Sogny : le ralentissement économique est problématique car il impacte tous nos clients, cependant nous misons sur notre polyvalence et notre capacité d’adaptation pour saisir les opportunités qui se présenteront. Notre structure légère et réduite en administratifs doit nous permettre d’ajuster nos moyens, du moins nous espérons que cela sera suffisant pour passer cette période difficile.

 

Q - Pouvez-vous présenter l’équipe de votre syndicat, la composition de votre bureau.

Michel Sogny : Caroline Caire, secrétaire générale depuis deux ans (maman de deux enfants, dont une fille qui a deux semaines), M. Antoine notre trésorier, des Transports Antoine et Rousselle,  et quelques uns de nos administrateurs représentatifs de l’activité de la région : M. Malvaux des Transports Malvaux,  M.Picard des transports Picard et Fils, Mme Larue des Transports Larue, M. Girard des Transports Girard, M.Druart des Transports Druard.

 

Q - Quelles sont les missions principales de votre syndicat ?

Michel Sogny : les missions sont multiples, elles passent par la lecture de disques, au conseil juridique, en passant par l’information des transporteurs sur les interdictions de circuler, la défense des intérêts des transporteurs auprès de l’administration ou auprès de chargeurs récalcitrants dans l’application des textes. Aucune mission n’est principale, elles sont toutes importantes car le transporteur a besoin de tout cela pour pouvoir assurer la gestion de son entreprise dans un univers de plus en plus complexe.  

 

Q - Quelles actions phares avez-vous engagées depuis 2 ans ?

Michel Sogny : la bataille du 44 tonnes avec maintien de la rentabilité est sans doute l’action la plus forte. Car une simple équation mathématique ne peut résoudre la complexité des surcouts générés par l’augmentation des charges supportées par les véhicules. La deuxième action que je vois est l’arrivée de Caroline Caire qui apporte une nouvelle démarche au bureau et se déplace sur le terrain afin de rencontrer nos adhérents.

 

Q - Votre région présente t-elle des problèmes spécifiques ?

Michel Sogny : des problèmes fondamentalement différents de mes autres confrères, je ne crois pas, car lorsque l’on discute lors des salons et congrès, on constate que la problématique des entreprises est souvent similaire d’une région à une autre. Ce qui me fait penser que nous nous devrions être bien plus solidaires et échanger plus souvent, pour aborder, traiter et éventuellement trouver des solutions à nos préoccupations communes.

 

Q - Comment réagissez-vous par rapport à l’éco redevance et l’assiette envisagée. Et quelles actions avez-vous engagées localement à ce propos ?

Michel Sogny : tout d’abord, sur l’éco redevance il est scandaleux de faire supporter tous les maux de la terre aux camions alors que ceux-ci ont connu une évolution considérable en termes de sécurité et de respect de l’environnement, contrairement à beaucoup d’autres secteurs de l’économie. Je n’ai pas entendu parler de l’existence de locomotive diesel aux normes euro ! Et quand on en voit passer une, c’est sans doute aux normes euro – 12, tant ces machines qui ont parfois plus de 30 ans polluent. Mais c’est un autre débat…

Quand aux méthodes de calcul, j’ai hâte de voir les savantes formules mathématiques que nos polytechniciens et énarques vont nous concocter… Sans doute faudra t’il soit employer une personne supplémentaire pour gérer cette nouvelle taxe, soit se doter d’un puissant ordinateur muni d’un logiciel très couteux… Quand à la répercuter … c’est une autre histoire que nous connaissons, hélas, trop bien…

 

Q - Qu’est-ce qui a motivé votre adhésion à UNOTRE ?

Michel Sogny : je fais partie de ceux qui au conseil d’administration de l’Unostra national ont voulu engager les discussions pour un rapprochement avec l’OTRE. Nous étions de ceux qui ont pensé que Daniel Chevallier, alors président de L’Unostra, aurait du faire un signe fort pour ces confrères lâchement abandonnés par Deneuville. Depuis, nous n’avions en tête qu’une idée : que nous pourrions, en nous nourrissant de nos forces respectives, construire un syndicat fort de l’histoire et de la représentativité de l’Unostra, et fort du dynamisme et de la volonté de défendre les intérêts des transporteurs de l’OTRE. Bien qu’il y ait eu une volonté des régions de l’Unostra d’aller dans ce sens, nous avons été bloqués par des agissements individuels rendant ce projet improbable. Cette situation nous a conduits à quitter l’Unostra sans sa bannière pour venir gonfler les troupes de l’OTRE.

  

Nous vous laissons le mot de la fin.

Michel Sogny : il est incroyable qu’une activité comme le transport routier de marchandises, qui n’a pas d’alternative, et qui est un maillon indispensable à nos économies modernes, puisse se faire autant malmener. Nous sommes incapables de défendre nos intérêts, nous nous laissons régulièrement trainer dans la boue comme étant des tueurs, des pollueurs, nous sommes les boucs émissaires de tous les maux, et nous sommes des vaches à traire ! Quelle  image ! Nous sommes très loin du concept « Les routiers sont sympas » de notre jeunesse… Devant cet état de fait : transporteurs, réveillons-nous !