Presque tous les candidats à la présidentielle ont signé le Pacte de Nicolas Hulot. Mettront-ils autant d’empressement à signer le Pacse de l’OTRE, que Jean-Pierre Morlin, qui n’anime pas une émission sur TF1, va pourtant leur présenter ?
"Que ceux qui sont pour le Pacse se lèvent !" Et voilà la quasi-totalité des participants au congrès de l’OTRE debout. Jean-Pierre Morlin, président de l’Organisation des transporteurs routiers européens, peut respirer. Son projet de "Pacte du camion sympa et écologique" est passé. Il va pouvoir courir après les candidats à la présidentielle pour leur proposer de signer son Pacse.
Donnant-donnant
Ce n'est pas que le président de l'OTRE, par ailleurs marié, cherche à convoler avec quelqu'un d'autre. L’objectif de ce document est d’obtenir, à l’instar de ce Nicolas Hulot a décroché en termes d’écologie, des engagements de la part des politiques. Son pacte, c’est du donnant-donnant. Les transporteurs souhaitent démontrer leur volonté de s’intégrer dans un monde où l’on doit faire rimer écologie et économie, tout en obtenant en contrepartie que nos futurs gouvernants prennent des engagements pour les y aider.
Etre les premiers de la classe
"Casser du camion, c’est peut-être politiquement correct, mais c’est économiquement dévastateur et moralement malhonnête", a rappelé Jean-Pierre Morlin. Et de souligner que les transporteurs avaient déjà fait beaucoup en matière d’environnement, grâce aux progrès des constructeurs. Les transporteurs, qui sont des citoyens comme les autres, inquiets eux aussi pour l’avenir de notre planète, souhaitent aller encore plus loin et être, en matière de développement durable, "les premiers de la classe". D’où l’idée d’un "Pacte du camion sympa et écologique", ou PACSE
Des engagements
"P comme propre : par ce Pacse, les transporteurs s’engagent à investir dans des véhicules compétitifs et propres : 90% de moteurs Euro4 et 5 à la fin de la mandature. En contrepartie, le futur gouvernant s’engage à autoriser le 44 ou le 60 tonnes.
A comme actif : nous nous engageons à promouvoir le dialogue social dans la profession. Le futur gouvernant s’engage à abandonner la tutelle de l’Etat dans les négociations. Par ailleurs, l’OTRE s’engage à s’impliquer dans la politique de formation, en échange de quoi le futur gouvernant s’engage à réformer la formation dans les métiers du transport.
C comme compétitif : nous nous engageons à développer notre politique d’embauche de salariés corrélativement à notre activité. Le candidat s’engage, s’il est élu, à exonérer de la taxe professionnelle les véhicules, à faire mettre à l’ordre du jour européen l’harmonisation de la fiscalité sur le carburant.
S pour solidaire : nous nous engageons à augmenter le pouvoir d’achat des conducteurs routiers. Le futur gouvernant s’engage à harmoniser la définition du temps de travail française sur la définition européenne.
E pour équitable : nous nous engageons à accepter le principe d’une taxation du réseau routier. Le futur gouvernant s’engage à supprimer toute fiscalité sur les véhicules."
Flash Transport du 12/02/2007