15.03.2012
Nous y sommes. La campagne présidentielle a débuté officiellement. Chacun des candidats fourbit ses armes. Et un mot revient, discours après discours, déclaration après déclaration, quelque soit le candidat. Produire français ou produire en France ! Alors messieurs et dames transporteurs réjouissez-vous !
Ils veulent tous sauver le soldat Entreprise française. Quelle meilleure occasion de le faire que de commencer cette mission par notre secteur d’activité ? Les PME du transport routier répondent à toutes les volontés de nos candidats : elles produisent et emploient en France, elles irriguent le reste de l’économie qui veut produire sur notre territoire, et envoie sa production vers les marchés de cette économie. De plus n’oublions pas qu’1 camion d’une entreprise française c’est 1,5 emploi en France.
Et puis quel meilleur laboratoire que le transport routier pour tenter de redonner compétitivité et croissance aux PME. En effet, les entreprises du secteur sont pillées, cannibalisées et détruites par une concurrence européenne totalement déloyale. Notre secteur est donc le meilleur moyen de tester comment redresser un secteur ultra concurrentiel et stratégique pour l’ensemble de l’économie française.
C’est pourquoi l’OTRE a interpelé tous les candidats à cette élection présidentielle à travers un document de 10 fiches, 3 grands thèmes, et 31 engagements demandés aux candidats. Le sujet central est simple : comment rendre sa compétitivité économique au transport routier français entre 2012 et 2017 dans le contexte d’un marché européen exacerbé.
Les 3 grands thèmes ? La mobilité et les infrastructures, la performance économique, et la responsabilité sociale et citoyenne.
Les candidats devront répondre aux questions majeures que se posent les transporteurs. Vont-ils laisser courir la concurrence sauvage européenne ou agir sur le cabotage en rendant plus efficace les contrôles par l’instauration du carnet de cabotage ? Vont-ils se décider à mettre en place un prix du gazole à l’attention des seuls professionnels du transport routier, quel que soit l’activité ? Vont-ils utiliser l’argent de nos taxes et notamment de la future taxe kilométrique pour investir sur l’entretien, la modernisation et le développement des routes françaises ? Vont-ils revoir le temps de travail des conducteurs français de telle sorte qu’une PME puisse utiliser 100 % de l’enveloppe de conduite autorisée par l’Europe comme leurs concurrentes étrangères ? Vont-ils considérer la qualité professionnelle de nos salariés en leur accordant un permis à utilité uniquement professionnelle ?
Voici donc quelques uns des 31 engagements auxquels nous demandons aux candidats de nous répondre. Je vous accorde que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ! Mais on ne peut plus raser gratis désormais, et les annonces qui fleurissent en ce moment devront être suivies d’effet au risque que le peuple gronde…
Alors, non, une hirondelle ne fait pas le printemps, mais nous devons provoquer le printemps de notre secteur en poussant les lignes. Oui, nous nous le devons à nous même, les politiques prendront leurs responsabilités à promettre sans tenir…