Entre le 4 et le 15 février dernier, l’Alliance professionnelle du transport routier (Astre, Evolutrans, Flo, France Benne, France Plateau, Trred’Union) a réalisé un sondage auprès d’entreprises du transport routier de marchandises. Son sujet ? La concurrence déloyale dans l’activité marchandise du transport. Cinq questions ont été posées à 330 chefs d’entreprises de TPE et de PME. Des questions simples autour de ces plaies d’Egypte que sont le cabotage illégal, la concurrence des VUL d’Europe centrale ou de l’Est (véhicule utilitaire léger), le travail à bas coût, l’utilisation d’artifices juridiques pour créer des filiales à Varsovie, Bucarest ou Sofia…

77,6 % des 330 chefs d’entreprise ayant répondu à ce sondage sont prêts à se mobiliser dans les prochaines semaines si le gouvernement ne fait rien contre le cabotage illégal et la concurrence déloyale des VUL venus de l’Est.

Mieux !

95,2 % souhaitent que l’ensemble des fédérations professionnelles du transport s’unissent sur ce dossier. Bon sens ? Assurément quand on sait que toutes ces plaies rongent, petit à petit, la vitalité économique et sociale des entreprises du transport de marchandises. Réflexe pavlovien. Les entreprises sont mortelles. Et comme dans toute pandémie, ce sont les plus fragiles qui sont frappées en premier. Les plus forts, ou ceux qui ont les moyens de se protéger résistent. Saisissante comparaison.

À moins que… Et si sur cette question, sur ce combat vital, les transporteurs la jouaient collectifs ? La jouaient « solidaires » ? 95,2 % le souhaitent.

Cet appel sera-t-il entendu ?

L’Alliance a convié le 17 février dernier à Paris, groupements et fédérations professionnelles afin d’échanger sur les méfaits exercés sur la profession par le cabotage illégal et la non-application des textes. Pour se concerter également sur les marges de manœuvre en termes d’actions.

Coté fédérations, l’OTRE et l’AFTRI étaient présentes… Par la voix de sa présidente, Aline MESPLES a rappelé aux participants que l’OTRE n’a pas cessé depuis des mois de dénoncer ces pratiques funestes pour la profession. Elle a redit que l’OTRE avait intégré le Comité d’évaluation des contrôles mis sur pied récemment par le secrétaire d’État aux transports. L’OTRE, consciente de l’urgence, se déclare prête à des actions de concertation et de travail notamment avec des organisations de salariés à l’échelle européenne.

Les transporteurs ne peuvent plus attendre. À l’instar des agriculteurs. L’arsenal législatif est en place ou presque : il faut renforcer les contrôles et les rendre efficients. Comment ? En complétant la loi par des mesures facilitant les contrôles.
C’est à ce titre que l’OTRE défend de longues dates la mise en place d’une déclaration préalable de toutes les opérations de cabotage ainsi que la possibilité donnée à l’ensemble des forces de contrôles de vérifier la concordance entre la lettre de voiture et la marchandise réellement transportée afin de combattre des documents « bidons » massivement utilisés par les VUL étrangers.
C’est une priorité pour que la loi soit vraiment appliquée. Il faut responsabiliser les chargeurs donneurs d’ordres. Il ne faut plus faire appel à des transporteurs étrangers (15,8 % des sondés reconnaissent y avoir recours !).
Et les fédérations doivent être les premières à donner l’exemple en sanctionnant ses membres qui y recourent illégalement. Il y va de l’intérêt général de l’activité du transport. C’est toujours dans cet esprit que l’OTRE se constituera partie civile dans les poursuites pénales engagées contre les entreprises de transport recourant à des pratiques illégales parce qu’elles nuisent à l’intérêt général.

C’est un combat vital. L’OTRE est la seule fédération à s’y engager pleinement depuis toujours. Mais elle affirme d’ores et déjà que la solution portée par d’autres fédérations en faveur d’un statut de travailleur hautement mobile n’est pas la solution car elle amènera inévitablement à la création d’un statut de travailleur hautement low-cost.

L’unité viendra. Comme toujours quand la raison sort des calculs et des compromis d’intérêts pour rejoindre le camp de ceux qui ne veulent pas disparaître !

Le sens de l’Histoire. Comme toujours…

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